Paroisse de la Bonne Nouvelle

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Eclairage – 1/07/2022 – J’ai soif

Une grave crise de l’eau se profile, annonce l’OMM (Organisation Météorologique Mondiale). En 2018, 3,6 milliards de personnes n’ont pas eu un accès suffisant à l’eau potable pendant au moins un mois. D’ici 2050, elles seront 5 milliards dans ce cas.

Des chiffres à donner le tournis malgré les annonces récurrentes de changement climatique, de ressources qui s’épuisent, d’espèces qui disparaissent ; malgré un vocabulaire auquel nous n’étions pas habitués comme celui de « stress hydrique » ou de « maladie hydrique ». Une évidence qui m’est apparue soudain à la lecture d’Ouest-France du 28 mai dernier : à l’île de Groix, « la sécheresse frappe ! » Le maire a dû prendre un arrêté sécheresse avec restriction d’eau potable. Subitement ce qui me paraissait une actualité lointaine d’Afrique ou d’Asie, est devenue concrète appuyée par d’autres articles démontrant qu’on cherche chez nous par tous les moyens à économiser une eau qui se raréfie.

 

Mon propos ici n’est pas de faire une revue de presse, mais comment ne pas rappeler qu’en juin 2021, Madagascar a été déclaré officiellement le premier pays au monde à connaître une famine due à la sécheresse engendrée par le réchauffement climatique ?

Les humains ont soif, les plantes ont soif, les animaux ont soif… l’eau c’est la vie ! Si on peut vivre 40 jours sans manger, on ne survivra que 2 ou 3 jours sans boire.

Comment imaginer la soif qui nous attend en longeant le Léguer sur le chemin de halage ou du côté du Min-Ran ? Tant d’eau qui m’apaise et m’invite à me laisser aller comme celle qui coule là depuis si longtemps dans son écrin de verdure… Tant d’eau qui chante et qui court s’en allant vers la mer pour y danser sur les vagues salées qui l’attendent dans un flux et reflux incessant…

Que d’eau quand je contemple du haut de Bihit la mer immense dans laquelle elle se jette m’invitant à y plonger un peu plus que le bout de mes pieds sous l’encouragement des mouettes rieuses et si souvent moqueuses… Alors oui, dans ma contemplation, une autre soif m’étreint, celle de l’horizon, du large, de l’infini… Soif aussi de la joie des enfants pleins de vie qui plongent et replongent inlassablement dans la vague en des éclats de rire cristallins et contagieux… Soif de l’eau ruisselant en cascade au détour d’un chemin, soif de sa force, de sa vitalité, de sa pureté,soif de goûter sa fraîcheur dans le creux de mes mains, de m’allonger dans l’herbe, d’écouter son murmure et son chant… Soif de l’eau d’un étang découvert au hasard d’une balade, parce qu’elle ravive en moi un désir de mystère et de légendes… J’ai soif… L’eau transparente et fraîche de la carafe qui s’offre à moi pour que je me désaltère, me rappelle que depuis le 28 juillet 2010 les Nations Unies ont décrété que « le droit à l’eau potable et à l’assainissement est un droit fondamental, essentiel à la pleine jouissance de la vie et à l’exercice de tous les droits de l’homme. »

Mais si les plantes ont soif de l’eau qui vient du sol et les animaux de celle qui vient du ciel, les humains eux qui sont des êtres de désir, ont soif de plus grand, plus beau, plus vrai, bref de tout ce qui comme l’eau est source de vie !

« Après cela, sachant que tout désormais était achevé, pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : “J’ai soif” ». (Jn 19, 28). « J’ai soif » : c’est la dernière parole de Jésus sur la croix, pas une soif de vinaigre ou d’eau, mais une soif qui résume toutes les soifs de l’Écriture depuis le premier récit miraculeux de la soif des Hébreux dans le désert en Exode 17, en passant par les puits des rencontres amoureuses, la soif si souvent évoquée dans les psaumes, ou celle de la Samaritaine. C’est pour cela qu’il est venu :« Jésus est la réponse de Dieu à la soif de l’homme pour Lui » dit Yves-Marie Blanchard.

« Si quelqu’un a soif qu’il vienne à moi et qu’il boive » (Jn 7, 31-39) : en ce temps de vacances où nous avons le loisir de ne pas nous abreuver seulement de notre travail et de ce qui fait notre quotidien habituel, de quoi avons-nous soif ? N’est-ce pas le moment favorable pour retrouver la vraie source qui ne tarit pas et de venir y puiser ? Quel que soit mon contenant, du dé à coudre à la citerne, ma soif sera toujours comblée !

Yec’hed mat !