Sœur Angèle Blanchard a bien voulu que son intervention donnée au cours de la célébration de notre Assemblée paroissiale paraisse sur notre site. Nous la remercions.
Lannion 27 avril 25
Avec sœur Marie-Claude et sœur Monique, nous remercions le Père Gabriel Housseini, tous les prêtres et les diacres de la paroisse de Lannion-Pleumeur-Bodou, l’équipe d’animation pastorale, de nous permettre de rendre grâce, avec vous tous, pour la mission vécue au pays de Lannion depuis bien longtemps.
Tout commence en avril 1813 : Sur les trois Ursulines de l’Hospice de Charité qui reçoit les vieillards, les infirmes, les enfants trouvés et abandonnés, une seule est encore en vie. La Commission administrative des Hospices civils de Lannion décide de demander trois Filles du Saint-Esprit de la Maison charitable de Plérin, qui, par état, sont attachées au soulagement des pauvres. Trois, puis quatre sœurs sont accordées. Elles doivent veiller sur les personnes et les biens. Elles gèrent le transfert des malades à l’Hôpital, distribuent des secours à domicile, visitent les enfants trouvés, confiés à des nourrices. En 1826, le Maire de Lannion demande deux sœurs pour l’instruction des petites filles dans l’école charitable établie par la Commission administrative de l’Hospice.
1839-40 : Les vieillards et les infirmes sont réunis aux malades de l’Hôpital. Pour lutter contre la mendicité, l’Hospice de Charité devient Bureau de Bienfaisance « la Providence ». Les sœurs distribuent aux pauvres, soupe, linge, médicaments, bois… soignent les malades à domicile. Elles gèrent une salle d’asile et une cantine pour enfants indigents. Elles donnent du lin à filer aux femmes qui le demandent. Il sera tissé par des hommes sans travail, vendu au profit des pauvres. 1846 voit la création d’un atelier de dentelle, puis d’un ouvroir destiné à l’enseignement des arts ménagers. Quand la scolarité devient obligatoire, les sœurs ouvrent de nouvelles classes d’écoles et un pensionnat dans les locaux de la Providence.
1850-51 : Une épidémie de typhoïde sévit à Lannion. Quatre Filles du Saint-Esprit, au service des malades, y succombent. Le maire fait l’éloge de leur zèle et de leur courage. En 1857, une sœur reçoit l’autorisation ministérielle de s’occuper des femmes détenues en prison. En 1895, se construit le « Fourneau économique » grâce au don de généreux donateurs. Les sœurs préparent et distribuent des repas aux nécessiteux.
Le Ministère Combes du début du 20ème siècle décrète la laïcisation de l’école maternelle congréganiste en septembre 1903, puis de toute l’école, en juillet 1906. Les sœurs au nombre de 20 sont expulsées de la Providence qui devient école publique dirigée par des laïques. Le 6 janvier 1908, s’ouvre une école ménagère, avec pensionnat, rue Jeanne d’Arc, réalisation du souhait du curé de la paroisse. Et en 1909, se construit l’école primaire Ste Jeanne d’Arc, rue St Nicolas.
Au fil du temps, l’école bénéficie d’extensions successives. En 1930, tout est rassemblé, rue de la Bienfaisance. 1935 : ouverture d’une classe de brevet ; 1936 : création d’un cours secondaire ; en 1950, s’organise le Cours commercial.
Au Collège St Joseph, transfert du Séminaire de Tréguier, les sœurs sont au service de la lingerie, de l’infirmerie et de la salle à manger. Elles tiennent une classe maternelle et trois classes primaires. Parents et professeurs sont satisfaits des résultats et de l’éducation de leurs élèves. 1967 marque un tournant : les sœurs s’adaptent à la nouvelle répartition des enseignements opérée par la fusion des « Ecoles Catholiques de Lannion »
Dans la dynamique du Concile Vatican II, la congrégation entre dans une recherche de renouvellement spirituel et missionnaire. Dans un souci de plus grande proximité avec la population, elles quittent les institutions et vont vivre en petites communautés. Des sœurs habitent au 12 rue St Nicolas de 1975 à 1999. Suite à une réflexion pastorale, une communauté se constitue en appartement HLM « Les Fontaines » en 1974, transférée ensuite au 2 rue St Yves. En 1985, l’habitation est mise en vente. C’est alors que s’implante une communauté à Ploulec’h qui n’avait jamais connu de communauté religieuse. Elle y demeurera jusqu’en 1998.
Arrêtons-nous à la dernière insertion communautaire à Lannion en cité HLM, rue Lazare Hoche, encouragée par Mgr Fruchaud et les instances pastorales. La communauté ouvre avec quatre sœurs en 1999. Les sœurs s’ingénient pour créer des liens de voisinage. Elles sont présentes dans les associations, au Foyer Logement Paul Hernot, au Foyer St Vincent de Paul, au Secours catholique, à la Maison de la solidarité, à l’accueil « Brin de causette » remédiant à la solitude, à Foi et Lumière, aux jeunes par la catéchèse, aux Mouvements d’Action catholique, JOC, ACGF… Cette volonté d’ouverture les rend participantes d’activités associatives d’ici et d’ailleurs, telle que « Cécile espoir ».
Ces dernières années, cette petite communauté a été éprouvée par le décès de sœur Anne Prigent en 2022, de sœur Paulette Sanquer en 2024. Avec le départ de sœur Marie-Claude pour la communauté de Plestin-Les-Grèves, la présence des Filles du Saint-Esprit à Lannion va prendre fin, à notre grand regret. Au nom de la congrégation nous tenons à vous exprimer notre gratitude pour l’amitié, le soutien, la confiance donnés à nos sœurs, au gré des événements et évolutions. Tous baptisés dans l’Esprit, Dieu nous appelle à tenir dans l’Espérance. Ensemble aujourd’hui, en ce dimanche de la miséricorde, rendons grâce à Dieu en célébrant l’Eucharistie.
Sr Angèle, conseillère adjointe à la Provinciale, sr Philomène AC’H