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Dt 4, 32-34.39-40 ; Ps 32 ; Ro 8, 14-18 ; Mt 28, 16-20

Image de la trinité

Nos anciens autrefois représentaient la Trinité à travers une même statue réunissant un vieux barbu, un jeune homme et une colombe. Lorsque nous regardons aujourd’hui ces ouvrages qui parsèment nos églises, reconnaissons qu’ils ne nous parlent plus !

Un peintre orthodoxe du nom de Roublev a réalisé une icône, devenue fameuse et que nous avons tous vue un jour. Elle représente 3 personnes, aux visages parfaitement identiques, disposés autour d’une table, face à nous qui les regardons comme si nous étions conviés à participer au repas. Sur la table une coupelle, et lorsqu’on s’approche, cette coupelle contient un agneau qui semble s’y reposer. Leurs mains sont bien visibles, l’une tenant un bâton, l’autre posée sur la table. Et si l’on prenait l’une de ces mains posées, nous serions comme entrainés dans une spirale. Enfin, les pieds. Ils semblent marcher. Ces 3 personnes sont assises et pourtant elles marchent vers nous. Et pour accentuer l’effet, l’auteur a inversé la perspective pour l’amener à tendre dans notre direction. Tout est fait pour nous faire entrer dans ce tableau, statique par la force des choses ! Comme si la Trinité était d’abord une dynamique, un mouvement, un souffle…

La Bible est parsemée d’évocations de la Trinité sans qu’elle ne soit jamais nommée. Chacune des personnes qui la constitue est vue à l’œuvre. « C’est le Seigneur qui est Dieu ! » dit Moïse dans le livre du Deutéronome. La preuve de l’action du Dieu se lit dans notre histoire, comme elle se lisait dans l’histoire du peuple d’Israël. Il faut savoir s’arrêter et lire, pour pouvoir décoder et interpréter. Là est la preuve biblique, qui n’a rien à voir avec la preuve scientifique, n’en déplaise à certains !

Le mot trinité n’existe pas plus dans le nouveau testament, même si les trois personnes (hypostases) qui la constituent y sont nommées et agissent. C’est un concept qui a été édicté beaucoup plus tard, au cours des conciles de Nicée/Constantinople au Vème siècle. Il faut aller voir l’histoire qui a prévalu à l’élaboration de ce dogme, façonnée essentiellement dans la lutte contre les hérésies qui travestissaient le message divin, pour découvrir combien il fut difficile de tenir en même temps la divinité et l’incarnation, l’absolu divin et son engagement dans notre relativité humaine. Histoire passionnante ! Je cite en particulier Irénée de Lyon, au cours du IIème siècle, qui présente le Fils et l’Esprit comme les deux mains du Père agissant pour l’œuvre de création. Superbe métaphore !

Or aujourd’hui, c’est comme si nous étions de nouveau coupés de ces réalités spirituelles. Comme si ce qui a structuré notre foi au long des âges nous était comme interdit, dans un monde où l’évidence scientifique et l’impératif de la laïcité ont pris toute la place. Dans ce monde, les plus jeunes expriment de plus en plus leur besoin de mystère. Ils font penser à l’Eglise de Rome des débuts de l’ère chrétienne, qui connut un rapide succès car elle répondait au désir de mystère des citoyens romains, qu’ils ne trouvaient pas à nourrir dans la dévotion à l’empereur. Notre Eglise peut-elle accueillir cette recherche spirituelle grandissante ? Bien sûr, mais à quelles conditions ?

 

Le mot trinité n’existe pas plus dans le nouveau testament, même si les trois personnes (hypostases) qui la constituent y sont nommées et agissent. C’est un concept qui a été édicté beaucoup plus tard, au cours des conciles de Nicée/Constantinople au Vème siècle. Il faut aller voir l’histoire qui a prévalu à l’élaboration de ce dogme, façonnée essentiellement dans la lutte contre les hérésies qui travestissaient le message divin, pour découvrir combien il fut difficile de tenir en même temps la divinité et l’incarnation, l’absolu divin et son engagement dans notre relativité humaine. Histoire passionnante ! Je cite en particulier Irénée de Lyon, au cours du IIème siècle, qui présente le Fils et l’Esprit comme les deux mains du Père agissant pour l’œuvre de création. Superbe métaphore !

Or aujourd’hui, c’est comme si nous étions de nouveau coupés de ces réalités spirituelles. Comme si ce qui a structuré notre foi au long des âges nous était comme interdit, dans un monde où l’évidence scientifique et l’impératif de la laïcité ont pris toute la place. Dans ce monde, les plus jeunes expriment de plus en plus leur besoin de mystère. Ils font penser à l’Eglise de Rome des débuts de l’ère chrétienne, qui connut un rapide succès car elle répondait au désir de mystère des citoyens romains, qu’ils ne trouvaient pas à nourrir dans la dévotion à l’empereur. Notre Eglise peut-elle accueillir cette recherche spirituelle grandissante ? Bien sûr, mais à quelles conditions ?

 

C’est ici qu’il est bon de puiser à la source des écritures, et en particulier la source des évangiles. En lisant l’écriture avec un cœur disponible, elle devient parole porteuse de sens pour notre existence ; en la lisant avec d’autres, on découvre des mystères qu’on n’avait pas découverts seuls ; en lisant l’évangile, on plonge à la source de la rencontre de l’absolu divin et de la relativité humaine : Jésus-Christ. Il a assumé la condition humaine pour nous ouvrir un chemin : ‘A la manière dont j’ai vécu, vous pouvez aussi vivre et grandir avec Dieu’.
Le texte de ce jour est particulièrement riche. Situé en toute fin de l’évangile de Matthieu, il réunit les Onze une dernière fois au moment de l’ascension. Or, certains doutent ! Pourquoi le dire ? On s’attendrait plutôt à des mots qui soulignent la gloire nouvelle de Celui qu’ils ont suivi. Mais c’est ce détail qui nous permet d’entrer dans la scène pour nous sentir envoyés avec eux.

« De toutes les nations, faite des disciples… baptisez-les ! » C’est ce qu’ils ont fait. Et nous sommes là ! La foi en Jésus-Christ s’est répandue depuis cette région dans tous les pays de la terre !

Il reste un paradoxe : « Apprenez-leur mes commandements ! » Or, de commandements il n’y en a pas ! Le seul, l’unique commandement qui fut donné par Jésus est celui de l’amour : « Aimez-vous les uns les autres… » (Jean 15) En disant cela, Jésus exonère la loi de toute pertinence dans l’ordre de la foi, et il donne entière place à l’Esprit. Car nous ne sommes pas seuls : Il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde, avec nous, par son Esprit qu’il nous suffit d’appeler pour aimer comme il nous aime.

Les exemples pour notre vie ? Ils sont multiples et ils parlent tous du Royaume. Mais le Royaume commence ici et maintenant. J’ai pensé à un film dont on parle beaucoup aujourd’hui. Il parle de l’importance de vivre ensemble, avec ses différences, ses ‘p’tits trucs en plus’. Vivre le Royaume n’est pas affaire d’au-delà, mais c’est ici et maintenant, tous avec nos ‘p’tits trucs en plus’, pour un jour y arriver !

Dt 4, 32-34.39-40 ; Ps 32 ; Ro 8, 14-18 ; Mt 28, 16-20

Image de la trinité

Nos anciens autrefois représentaient la Trinité à travers une même statue réunissant un vieux barbu, un jeune homme et une colombe. Lorsque nous regardons aujourd’hui ces ouvrages qui parsèment nos églises, reconnaissons qu’ils ne nous parlent plus !

Un peintre orthodoxe du nom de Roublev a réalisé une icône, devenue fameuse et que nous avons tous vue un jour. Elle représente 3 personnes, aux visages parfaitement identiques, disposés autour d’une table, face à nous qui les regardons comme si nous étions conviés à participer au repas. Sur la table une coupelle, et lorsqu’on s’approche, cette coupelle contient un agneau qui semble s’y reposer. Leurs mains sont bien visibles, l’une tenant un bâton, l’autre posée sur la table. Et si l’on prenait l’une de ces mains posées, nous serions comme entrainés dans une spirale. Enfin, les pieds. Ils semblent marcher. Ces 3 personnes sont assises et pourtant elles marchent vers nous. Et pour accentuer l’effet, l’auteur a inversé la perspective pour l’amener à tendre dans notre direction. Tout est fait pour nous faire entrer dans ce tableau, statique par la force des choses ! Comme si la Trinité était d’abord une dynamique, un mouvement, un souffle…

La Bible est parsemée d’évocations de la Trinité sans qu’elle ne soit jamais nommée. Chacune des personnes qui la constitue est vue à l’œuvre. « C’est le Seigneur qui est Dieu ! » dit Moïse dans le livre du Deutéronome. La preuve de l’action du Dieu se lit dans notre histoire, comme elle se lisait dans l’histoire du peuple d’Israël. Il faut savoir s’arrêter et lire, pour pouvoir décoder et interpréter. Là est la preuve biblique, qui n’a rien à voir avec la preuve scientifique, n’en déplaise à certains !

Le mot trinité n’existe pas plus dans le nouveau testament, même si les trois personnes (hypostases) qui la constituent y sont nommées et agissent. C’est un concept qui a été édicté beaucoup plus tard, au cours des conciles de Nicée/Constantinople au Vème siècle. Il faut aller voir l’histoire qui a prévalu à l’élaboration de ce dogme, façonnée essentiellement dans la lutte contre les hérésies qui travestissaient le message divin, pour découvrir combien il fut difficile de tenir en même temps la divinité et l’incarnation, l’absolu divin et son engagement dans notre relativité humaine. Histoire passionnante ! Je cite en particulier Irénée de Lyon, au cours du IIème siècle, qui présente le Fils et l’Esprit comme les deux mains du Père agissant pour l’œuvre de création. Superbe métaphore !

Or aujourd’hui, c’est comme si nous étions de nouveau coupés de ces réalités spirituelles. Comme si ce qui a structuré notre foi au long des âges nous était comme interdit, dans un monde où l’évidence scientifique et l’impératif de la laïcité ont pris toute la place. Dans ce monde, les plus jeunes expriment de plus en plus leur besoin de mystère. Ils font penser à l’Eglise de Rome des débuts de l’ère chrétienne, qui connut un rapide succès car elle répondait au désir de mystère des citoyens romains, qu’ils ne trouvaient pas à nourrir dans la dévotion à l’empereur. Notre Eglise peut-elle accueillir cette recherche spirituelle grandissante ? Bien sûr, mais à quelles conditions ?

 

C’est ici qu’il est bon de puiser à la source des écritures, et en particulier la source des évangiles. En lisant l’écriture avec un cœur disponible, elle devient parole porteuse de sens pour notre existence ; en la lisant avec d’autres, on découvre des mystères qu’on n’avait pas découverts seuls ; en lisant l’évangile, on plonge à la source de la rencontre de l’absolu divin et de la relativité humaine : Jésus-Christ. Il a assumé la condition humaine pour nous ouvrir un chemin : ‘A la manière dont j’ai vécu, vous pouvez aussi vivre et grandir avec Dieu’.
Le texte de ce jour est particulièrement riche. Situé en toute fin de l’évangile de Matthieu, il réunit les Onze une dernière fois au moment de l’ascension. Or, certains doutent ! Pourquoi le dire ? On s’attendrait plutôt à des mots qui soulignent la gloire nouvelle de Celui qu’ils ont suivi. Mais c’est ce détail qui nous permet d’entrer dans la scène pour nous sentir envoyés avec eux.

« De toutes les nations, faite des disciples… baptisez-les ! » C’est ce qu’ils ont fait. Et nous sommes là ! La foi en Jésus-Christ s’est répandue depuis cette région dans tous les pays de la terre !

Il reste un paradoxe : « Apprenez-leur mes commandements ! » Or, de commandements il n’y en a pas ! Le seul, l’unique commandement qui fut donné par Jésus est celui de l’amour : « Aimez-vous les uns les autres… » (Jean 15) En disant cela, Jésus exonère la loi de toute pertinence dans l’ordre de la foi, et il donne entière place à l’Esprit. Car nous ne sommes pas seuls : Il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde, avec nous, par son Esprit qu’il nous suffit d’appeler pour aimer comme il nous aime.

Les exemples pour notre vie ? Ils sont multiples et ils parlent tous du Royaume. Mais le Royaume commence ici et maintenant. J’ai pensé à un film dont on parle beaucoup aujourd’hui. Il parle de l’importance de vivre ensemble, avec ses différences, ses ‘p’tits trucs en plus’. Vivre le Royaume n’est pas affaire d’au-delà, mais c’est ici et maintenant, tous avec nos ‘p’tits trucs en plus’, pour un jour y arriver !