Paroisse de la Bonne Nouvelle

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Prière… de déranger 

« Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte et prie ton Père qui est présent dans le secret… » (Mt 6, 6)

En entrant en Carême, nous recevons cette invitation à intensifier notre vie de prière. 40 jours s’offrent à nous pour (re)découvrir ce qu’est la prière chrétienne. Un temps au désert qui n’a pas pour but de nous dessécher ni de nous faire souffrir mais au contraire de re-susciter en nous la soif, le désir de vivre de la Vie du Ressuscité que nous célébrerons à Pâques, mais déjà chaque dimanche de Carême.

La prière chrétienne n’est pas une échappatoire pour nous aider à fuir ce monde de « méchants », elle n’est pas une espèce de lobbying pour influencer Dieu et lui dicter sa façon d’agir, elle n’est pas non plus une démonstration de force pour chercher à impressionner.

La prière est davantage, bien davantage. Elle échappe à ces calculs, ces stratégies, ces marchandages. La prière chrétienne est le mouvement vital du Fils vers le Père porté par l’élan amoureux de l’Esprit Saint. Par la prière, nous sommes appelés à entrer dans ce mouvement éternel qui nous met en relation intime avec Dieu et avec le monde.

Prier ne me déconnecte pas de la réalité, prier m’enracine davantage en ce lieu, en cet instant où je suis vivant. Trop souvent, nous sommes ailleurs, dans le passé ou dans le futur, mais pas présents à ce qui se joue là, maintenant, en nous et autour de nous. En nous établissant dans cette relation intime avec le Christ Vivant, la prière développe en nous des capacités insoupçonnées. Nous devenons plus aptes à discerner le sens de ce que nous vivons, nos sens s’affinent : nous pouvons entendre dans le silence, nous pouvons distinguer dans l’obscurité, nous devenons davantage ce que nous sommes appelés à être.

La prière est l’espace de notre vie que nous offrons à Dieu pour qu’il vienne s’y établir, pour que son Règne vienne en notre monde. En priant, j’offre à Dieu la possibilité de changer mon cœur, de me façonner à son image, selon sa ressemblance. Et pour cela, je dois consentir à ce que son irruption vienne quelque peu déranger mon confort, mes habitudes, ma routine.

De quoi rêvons-nous, personnellement et en Église ? D’une vie pépère, bien rangée ou bien d’une aventure qui a la saveur de l’évangile ?

Quel message voulons-nous adresser au Seigneur sur la porte de notre chambre : « Prière de ne pas déranger » ou « Prière de déranger » ?

Bon pèlerinage vers Pâques !